Le sexe sans chems : redécouvrir plaisir et connexion

Comment passer du chemsex à une sexualité épanouie et sobre ?

Pourquoi en parler ?

Si les chems peuvent donner l’illusion d’un plaisir décuplé, elles comportent des risques majeurs : addiction, troubles psychologiques (anxiété, dépression), infections sexuellement transmissibles (IST), ou même une perte de contrôle sur sa propre sexualité. Heureusement, une sexualité sobre, sûre et épanouie est possible – et cet article te montre comment.

Pourquoi choisir le sexe sans chems ?

  1. Préserver sa santé physique et mentale

Les chems perturbent le système nerveux et peuvent entraîner :

  • Dépendance (besoin croissant de doses pour ressentir les mêmes effets),
  • Troubles de l’érection ou de la libido à long terme,
  • Comportements à risque (non-utilisation de préservatifs, pratiques non consenties).

À savoir : Le GHB, par exemple, crée une accoutumance rapide et des symptômes de sevrage difficiles (insomnies, angoisses).

  1. Retrouver le consentement et la sécurité

Sous l’effet des chems, la notion de consentement éclairé devient floue. Une sexualité sans substances permet :

  • Une communication claire sur ses limites et ses désirs,
  • Un respect mutuel et une réduction des regrets post-rapports.
  1. Explorer un plaisir plus authentique

« Au début, j’avais peur que le sexe sans chems soit ‘moins bien’. Finalement, j’ai redécouvert des sensations bien plus riches – et surtout, je me souviens de tout ! »

 Thomas, 29 ans,

en sevrage depuis 1 an

Silhouette d’une tête humaine composée de drogues, seringues, pilules, alcool et cannabis, avec une clé mécanique à remonter, symbolisant la dépendance et le chemsex.

"Le saviez-vous ?"

Le chemsex est apparu dans les années 2000 au Royaume-Uni, avant de se répandre en Europe. En France, il touche surtout les grandes villes (Paris, Lyon, Marseille) et est souvent lié à des applications de rencontre gay (Grindr, Scruff).

Comment aborder le sexe sans chems ?

  1. Se préparer mentalement
  • Accepter la phase de transition : La libido peut mettre quelques semaines à revenir à la normale. C’est temporaire !
  • Trouver des partenaires bienveillants : Commence avec des personnes de confiance, ou explore des communautés sober-friendly (ex : groupes Facebook « Sexe sans chems »).
  • Parler à un·e professionnel·le : Un·e sexothérapeute peut t’aider à gérer l’anxiété ou les blocages.

Ressource utile : 📞 Ligne d’écoute AIDES : 0 800 840 800 (anonyme et gratuit).

  1. Réinventer l’excitation et le plaisir
  2. Techniques de respiration et pleine conscience

La respiration orgasmique (inspirer 4 sec, retenir 7 sec, expirer 8 sec) active le système nerveux parasympathique, responsable du plaisir et de la détente. Exercice à essayer :

  1. Allongez-vous sur le dos, une main sur le ventre.
  2. Inspirez profondément par le nez en gonflant le ventre.
  3. Retenez votre souffle 7 secondes, puis expirez lentement par la bouche. → À répéter 5 fois avant un rapport pour réduire le stress.
  1. Explorer de nouvelles pratiques
  • Sexe sans pénétration : Massages, jeux de rôles, masturbation mutuelle…
  • Environnement sensoriel : Bougies, musique, huiles de massage (ex : huile de coco chauffée).
  • Sex-toys : Vibromasseurs ou anneaux péniliens pour intensifier les sensations sans substances.

 À tester ce week-end : « Le jeu des 5 sens » : Bandes-toi les yeux et laisse ton·ta partenaire te guider par le toucher, l’ouïe et l’odorat.

  1. Gérer l’anxiété
  • « Et si je n’arrive pas à bander ? » : C’est normal après un sevrage. Concentre-toi sur d’autres zones érogènes (cou, oreilles, pieds).
  • Accepter l’imperfection : Un rapport sexuel n’a pas besoin d’être « parfait » pour être plaisant.
Un groupe d’hommes couverts de boue, déterminés et concentrés, rampent sous des filets lors d’un parcours d’obstacles en forêt. Leur expression reflète l’effort, la persévérance et la résilience, symbolisant le combat et la persévérance nécessaires pour surmonter les défis, comme le sevrage du chemsex.

Patience et persévérance : le sevrage du chemsex prend du temps

Se libérer du chemsex est un parcours, pas une ligne droite. Il est normal que cela prenne du temps — parfois plusieurs mois, voire plus — et il est fréquent de rencontrer des rechutes en cours de route. Plutôt que de les voir comme des échecs, ces moments peuvent être utilisés comme des opportunités :

  • Comprendre les déclencheurs : Qu’est-ce qui a mené à la rechute ? Stress, isolement, habitude ? Identifier ces facteurs permet de mieux s’y préparer à l’avenir.
  • Renforcer la motivation : Une rechute peut raviver la détermination à poursuivre le changement, en rappelant pourquoi on a décidé de s’arrêter.
  • Ajuster les stratégies : Chaque expérience, même difficile, offre des enseignements pour affiner son approche (thérapie, soutien communautaire, activités alternatives, etc.).

L’essentiel est de ne pas abandonner. Les rechutes font souvent partie du processus de guérison, et chaque pas en avant, même petit, compte. L’objectif n’est pas la perfection, mais la progression vers une sexualité épanouie et libre de dépendance.

Une séance de thérapie : un homme en costume parle avec une thérapeute qui prend des notes dans un cabinet chaleureux et apaisant.

Témoignages : ils·elles ont arrêté les chems

« Après 3 ans de chemsex, j’ai cru que ma libido était morte. Aujourd’hui, je prends bien plus de plaisir à sentir mon corps réagir naturellement. »Marc, 38 ans, Paris

« Le sexe sobre, c’est comme réapprendre à faire l’amour. Au début, c’est étrange… puis ça devient magique. »Léa, 34 ans, Lyon

Quelques ressources pour aider à une sexualité sans chems

La meilleure aide pour une sexualité épanouie sans chemsex est un accompagnement par un·e thérapeute.

Type

Ressource

lien / info

Pour qui ?

Association 

AIDES

Tous Publics

Association 

Drogues Info Service 

Tous Publics

Association 

Act Up 

Tous Publics

Sexothérapie

Sexothérapeutes / Sexologues

Accompagnement en cabinet ou en visio

Individuel / couple

Podcast

« Vivre sans sexualité »

Réflexion sur le désir

Livre

« Ma vie en poudre : L’addiction au chem-sex »

Auteur : Yann B.

Témoignage d’un parcours dans les chems

Livre

« Chems » – Johann Zarca

Auteur : Johann Zarca

Roman inspiré de faits réels 

Livre

« Les Réalités du ChemSex : Au-delà de l’Extase » 

Auteur : Max CEHES

Témoignages et conseils pratiques 

Livre

« Chemsex : tout savoir sur cette pratique dangereuse qui associe sexe et prise de drogues » 

Auteur : Léo Raphaël Pineda

Analyse des dangers et conseils pratiques 

Un homme torse nu, souriant et déterminé, brise les chaînes autour de ses poignets dans un champ de blé doré au coucher du soleil, symbolisant sa libération de l’addiction au chemsex. Illustration hyperréaliste de la liberté et du renouveau.

Conclusion : une sexualité libre et épanouie

 

Passer du chemsex à une sexualité sobre, c’est réapprendre à écouter son corps – avec ses forces et ses vulnérabilités. Comme le dit un usager : « Le chemsex, c’était comme rouler à 200 km/h sur une autoroute. Aujourd’hui, je préfère les petites routes, avec leurs paysages et leurs surprises. »

Un jeune homme assis en face d’un thérapeute mûr dans un cabinet chaleureux, rempli de livres et baigné de lumière naturelle. Le jeune homme semble soulagé et engagé dans la conversation, tandis que le thérapeute l’écoute avec bienveillance et attention. Cette scène illustre l’importance de l’accompagnement thérapeutique pour surmonter l’addiction au chemsex.

Et vous, où en êtes-vous ?

  • Avez-vous déjà essayé le sexe sans chems ? Quels défis vous avez rencontré ?
  • Besoin d’en parler ? Contactez-moi  pour un accompagnement personnalisé.

 

Références

– Étude ERAS 2023 (Santé publique France) sur le chemsex chez les HSH.

– Témoignages et conseils (Chemsex.be, AIDES).

– Techniques de respiration (Hello Hédoné).